EPITRE DE PAUL APÔTRE AUX PHILIPPIENS

EPITRE

DE

 PAUL APÔTRE

AUX

 

PHILIPPIENS

 ________

Chapitres Chapitre I.  Chapitre II.  Chapitre III. Chapitre IV. Livres

 ARGUMENT

Saint Paul écrivit cette épitre, de même que la précédente, étant prisonnier à Rome, environ l’an 61 de Jésus-Christ, pour remercier les chrétiens de la ville de Philippes d’une subvention qu’ils lui avaient envoyée à Rome par Épaphrodite, l’un de leurs pasteurs. Il les informe de son état et il leur adresse diverse exhortations.

 CHAPITRE I.

Saint Paul commence par des actions de grâces et par des prières qu’il fait pour l’affermissement des Philippiens dans la foi et dans la sainteté.

II. Il leur dit que sa prison avait servi à l’avancement de l’Évangile dans la ville de Rome.

III. Il témoigne qu’il était disposé à glorifier Jésus-Christ, soit par la vie, soit par la mort et qu’il ne souhaitait la vie que pour l’utilité de l’église.

IV. Il exhorte les Philippiens à une conduite digne de l’Évangile et à la patience dans les afflictions.

1 Paul et Timothée, serviteurs de Jésus-Christ, à tous les saints en Jésus-Christ, qui sont à Philippes, aux évêques et aux diacres.

2 Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père, et de Jésus-Christ notre Seigneur.

3 Je rends grâces à mon Dieu, toutes les fois que je me souviens de vous ;

4 priant toujours pour vous tous avec joie, dans toutes les prières que je fais,

5 A cause de votre attachement à l’évangile, depuis le premier jour que vous l’avez reçu, jusqu’à maintenant ;

6 étant persuadé que celui qui a commencé cette bonne œuvre en vous, la perfectionnera jusqu’au jour de Jésus-Christ.

7 Et il est bien juste que j’aie ce sentiment de vous tous, car je vous ai dans mon cœur, parce que vous avez tous pris part à la grâce qui m’a été donnée dans mes liens, et dans la défense et la confirmation de l’évangile.

8 Aussi, Dieu m’est témoin que je vous chéris tous d’une affection cordiale en Jésus-Christ.

9 Et ce que je lui demande, c’est que votre charité augmente de plus en plus avec la connaissance et toute sorte d’intelligence ;

10 pour bien discerner la différence des choses, afin que vous soyez purs, et que vous marchiez sans broncher, jusqu’au jour de Jésus-Christ ;

11 étant remplis par Jésus-Christ des fruits de la justice, qui servent à la gloire et à la louange de Dieu.

12 Or, mes frères, je souhaite que vous sachiez que ce qui m’est arrivé, a même contribué aux progrès de l’évangile ;

13 en sorte que les liens que je porte à cause de Jésus-Christ, ont été rendus célèbres dans tout le prétoire, et partout ailleurs ;

14 et que plusieurs de nos frères en notre Seigneur, étant encouragés par mes liens, osent annoncer la parole plus hardiment et sans crainte.

15 Il est vrai que quelques-uns annoncent Christ par envie et dans un esprit de contention ; et d’autres le font avec une intention sincère.

16 Les uns annoncent Christ dans un esprit de contention, et non pas purement, croyant ajouter un surcroît d’affliction à mes liens ;

17 mais les autres le font par affection, sachant que je suis établi pour la défense de l’évangile.

18 Mais quoi ? de quelque manière que ce soit, soit par un zèle apparent, soit avec sincérité, Christ est toujours annoncé ; c’est de quoi je me réjouis, et je m’en réjouirai toujours.

19 Car je sais que cela tournera à mon salut par vos prières et par le secours de l’Esprit de Jésus-Christ,

20 selon ma ferme attente et l’espérance que j’ai, de ne recevoir aucune confusion en rien, mais que parlant avec hardiesse, Christ, qui a toujours été glorifié dans mon corps, le sera encore à présent, soit par ma vie, soit par ma mort.

21 Car Christ est ma vie, et la mort m’est un gain.

22 Or, s’il m’est avantageux de vivre dans ce corps, et ce que je dois souhaiter, c’est ce que je ne sais pas.

23 Car je suis pressé des deux côtés, mon désir étant de partir de ce monde et d’être avec Christ, ce qui me serait beaucoup meilleur ;

24 mais il est plus nécessaire pour vous que je demeure dans ce corps.

25 Et je suis aussi persuadé que j’y demeurerai, et même que je demeurerai quelque temps avec vous, pour votre avancement dans la foi, et pour votre joie ;

26 afin que vous ayez en moi un sujet de vous glorifier de plus en plus en Jésus-Christ, lorsque je serai de retour auprès de vous.

27 Conduisez-vous seulement d’une manière digne de l’évangile de Christ, afin que, soit que je vienne vous voir, soit que je sois absent, j’entende toujours dire de vous, que vous persistez à combattre pour la foi de l’évangile, avec un même esprit et un même courage, sans être intimidés en aucune manière par vos adversaires ;

28 ce qui est pour eux une preuve de leur perdition, mais pour vous une preuve de votre salut, et cela de la part de Dieu ;

29 parce qu’il vous a fait la grâce, par rapport à Jésus-Christ, non-seulement de croire en lui, mais encore de souffrir pour lui,

30 en soutenant le même combat où vous m’avez vu et où vous apprenez que je suis encore. 

REFLEXIONS

On voit dès l’entrée de cette épître le grand zèle et la parfaite charité de St. Paul dans les vœux qu’il présente à Dieu en faveur des Philippiens et dans les témoignages qu’il leur donne de son amour et de la joie qu’il avait ressentie en apprenant leur constance dans la foi.

Ceci apprend aux pasteurs à aimer leurs troupeaux d’une affection cordiale en Jésus-Christ et à prier sans cesse pour l’entière sanctification des fidèles.

II. On doit admirer les voies de la providence qui voulut que St. Paul fût emprisonné à Rome afin qu’il eût occasion d’annoncer l’Évangile dans cette première ville du monde et que ses souffrances servissent à y étendre la religion chrétienne et même à exciter le zèle de plusieurs personnes qui auparavant n’osaient pas faire une profession ouverte de l’Évangile.

C’est ici un de ces exemples où l’on voit que ce que les ennemis de la vérité font pour la détruire ne fait souvent que contribuer à ses progrès.

III. Il faut remarquer que quoiqu’il y eût des gens qui prêchaient l’Évangile par envie et par jalousie contre St. Paul, il se réjouissait pourtant de ce que le règne de Jésus-Christ était avancé par là.

Dieu se sert quelquefois des personnes même qui n’agissent pas par un bon principe pour faire son œuvre, mais de quelque manière qu’elle se fasse, ceux qui, comme St. Paul, sont animés d’un vrai zèle en ont de la joie quand même il leur en arriverait quelque préjudice.

IV. Les sentiments de cet apôtre sur la vie et sur la mort sont ceux de tous les vrais chrétiens. Ils sont toujours prêts à vivre et à mourir pour la gloire de Dieu, leur désir est de quitter ce monde et d’être auprès du Seigneur et s’ils souhaitent de vivre, ce n’est que pour être utiles à l’église et à leurs prochains.

Au reste, cet endroit de l’épître aux Philippiens, où St. Paul dit que son désir était de partir de ce monde pour être avec le Seigneur, prouve clairement que les fidèles sont heureux et avec le Seigneur après leur mort en attendant la résurrection, puisque si cela n’était pas, cet apôtre n’aurait eu aucune raison de souhaiter la mort plutôt que la vie.

V. La fin de ce chapitre marque que le devoir de tous les chrétiens est de se conduire d’une manière digne de l’Évangile et de ne se point laisser ébranler par les afflictions, surtout lorsqu’ils souffrent à cause de Jésus-Christ. 

CHAPITRE II.

St. Paul exhorte d’une manière fort affectueuse les Philippiens à la concorde et à l’humilité. Et pour cet effet il leur propose l’exemple de l’humiliation de Jésus-Christ et de la gloire où il a été élevé. Et il leur représente que cela les engageait à travailler à leur salut avec humilité et avec persévérance.

Il leur recommande de vivre dans la paix et d’édifier par une conduite pure et innocente les païens parmi lesquels ils vivaient et il les assure qu’il souffrirait la mort avec joie pour confirmer leur foi si cela était nécessaire.

Il leur promet de leur envoyer Timothée, duquel il loue le zèle et la fidélité, et il leur recommande aussi Épaphrodite, l’un de leurs pasteurs, qui s’en retournait vers eux après être relevé d’une grande maladie. 

1 S’il y a donc quelque consolation en Christ, s’il y a quelque soulagement dans la charité, s’il y a quelques affections cordiales et quelque compassion ;

2 rendez ma joie parfaite, étant en bonne intelligence, ayant une même charité, étant bien unis ensemble, ayant les mêmes sentiments ;

3 ne faites rien par un esprit de contestation, ni par vaine gloire ; mais que chacun de vous regarde les autres, par humilité, comme plus excellents que soi-même.

4 Ne regardez pas seulement chacun à votre intérêt particulier, mais ayez aussi égard à celui des autres.

5 Ayez les mêmes sentiments que Jésus-Christ a eus,

6 lequel, étant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une usurpation d’être égal à Dieu ;

7 mais il s’est anéanti soi-même, en prenant la forme de serviteur, et se rendant semblable aux hommes ;

8 et ayant paru comme un simple homme, il s’est abaissé lui-même, s’étant rendu obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix.

9 C’est pourquoi aussi, Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout autre nom ;

10 afin qu’au nom de Jésus, tout ce qui est dans les cieux, et sur la terre, et sous la terre, fléchisse le genou,

11 et que toute langue confesse que Jésus-Christ est le Seigneur, à la gloire de Dieu le Père.

12 Ainsi, mes bien-aimés, comme vous avez toujours obéi, travaillez à votre salut avec crainte et tremblement, non-seulement comme vous avez fait en ma présence, mais beaucoup plus en mon absence.

13 Car c’est Dieu qui produit en vous et la volonté et l’exécution, selon sa bienveillance.

14 Faites toutes choses sans murmures et sans disputes ;

15 afin que vous soyez sans reproche, sans tache, enfants de Dieu, irrépréhensibles au milieu de la race dépravée et perverse, parmi laquelle vous brillez comme des flambeaux dans le monde, y portant la parole de vie ;

16 en sorte qu’au jour de Christ je puisse me glorifier de n’avoir point couru en vain, ni travaillé en vain.

17 Et si même je sers d’aspersion sur le sacrifice et l’offrande de votre foi, j’en ai de la joie, et je m’en réjouis avec vous tous.

18 Vous aussi de même, ayez-en de la joie et vous en réjouissez avec moi.

19 Or, j’espère qu’avec la grâce du Seigneur Jésus, je vous enverrai bientôt Timothée, afin que j’aie plus de courage, lorsque j’aurai appris votre état.

20 Car je n’ai personne d’une pareille affection, ni qui s’intéresse plus sincèrement dans ce qui vous regarde ;

21 parce que tous cherchent leurs propres intérêts, et non ceux de Jésus-Christ.

22 Vous savez qu’il est éprouvé, et qu’il a servi avec moi dans l’évangile, comme un fils qui sert son père.

23 J’espère donc de vous l’envoyer, dès que j’aurai vu l’état de mes affaires.

24 Et je m’assure au Seigneur que j’irai aussi moi-même vous voir bientôt.

25 Mais j’ai cru qu’il était nécessaire de vous envoyer présentement Epaphrodite, notre frère, qui est le compagnon de mes travaux et de mes combats, qui a été envoyé de votre part, et qui m’avait secouru dans mes besoins.

26 Car il désirait fort de vous voir tous, et il était fort en peine de ce que vous aviez appris qu’il avait été malade.

27 En effet, il a été malade, et même près de la mort ; mais Dieu a eu pitié de lui ; et non-seulement de lui, mais aussi de moi, afin que je n’eusse pas tristesse sur tristesse.

28 Je l’ai donc envoyé avec d’autant plus d’empressement, afin qu’en le revoyant, vous ayez de la joie, et que j’aie moins de tristesse.

29 Recevez-le donc en notre Seigneur avec toute sorte de joie, et honorez ceux qui sont tels que lui.

30 Car il a été près de la mort pour le service de Christ, ayant exposé sa vie pour suppléer aux services que vous ne pouviez pas me rendre vous-mêmes. 

REFLEXIONS

Nous apprenons d’ici :

I. Que l’un des importants devoirs des chrétiens est d’être animés d’une véritable charité, de vivre entre eux dans une parfaite union et dans un esprit d’humilité et de regarder à l’intérêt des autres aussi bien qu’au leur.

II. Saint Paul nous met ici devant les yeux la profonde humiliation de Jésus-Christ qui, bien qu’il fût en forme de Dieu, s’est abaissé jusqu’à la mort de la croix et qui, par son obéissance et par ses souffrances, a été élevé à une gloire suprême. L’apôtre propose cet exemple pour nous apprendre que, si nous avons les mêmes sentiments d’humilité qui ont été en Jésus-Christ, nous parviendrons comme lui à la gloire.

III. Cette grave exhortation : Travaillez à votre propre salut avec crainte et tremblement doit nous inspirer à tous une grande ardeur pour travailler continuellement et avec une profonde humilité à l’ouvrage de notre salut, nous servant pour cela des moyens que Dieu nous présente, entre lesquels l’un des plus efficaces est de recourir à lui par la prière comme à celui : qui produit en nous et la volonté et l’exécution par un effet de sa bonté.

IV. Ce chapitre nous apprend de plus que les chrétiens doivent être éloignés des contestations et des disputes et se distinguer par une conduite irrépréhensible en sorte qu’ils brillent comme des astres parmi les gens pervers et corrompus.

V. La protestation que St. Paul fait qu’il était prêt à donner avec joie son sang et sa vie pour l’édification des Philippiens montre que les vrais ministres de Jésus-Christ sont entièrement dévoués au service de Dieu et de son église, que c’est là le but de tous leurs travaux et que, quand il faudrait même perdre la vie pour l’avancement du salut des hommes, ils la perdraient avec joie.

VI. Le témoignage que l’apôtre rend à Timothée, l’éloge qu’il fait de sa sincérité et de son zèle, ce qu’il dit d’Épaphrodite, de sa maladie et de sa guérison et la manière pressante dont il le recommande aux Philippiens, tout cela fait voir que les vrais pasteurs, qui ne cherchent que les intérêts de Jésus-Christ et qui exercent leur charge avec sincérité, méritent tout l’amour et toute l’estime des chrétiens, que leur vie et leur conservation doit être chère à l’église et qu’on doit les recevoir avec toute sorte de joie, les avoir en estime et se soumettre à leurs instructions et à leurs exhortations. 

CHAPITRE III.

St. Paul avertit les Philippiens de ne pas écouter les faux docteurs qui prêchent l’observation de la circoncision et qui se glorifiaient des avantages extérieurs qui distinguaient les Juifs des autres peuples,

II. Il fait voir, par son exemple, que tous ces avantages qu’il avait possédés lorsqu’il vivait dans le judaïsme étaient inutiles pour le salut et même nuisibles et il dit qu’à cause de cela il y avait renoncé pour s’attacher à Jésus-Christ seul et qu’il faisait des efforts continuels pour s’avancer de plus en plus dans la connaissance de notre Seigneur et pour parvenir à la perfection et à la gloire par une entière conformité à ses souffrances et à sa résurrection.

III. Il exhorte les Philippiens à avoir les mêmes sentiments que lui et à éviter les faux docteurs desquels il marque le caractère en disant que c’étaient des hommes charnels au lieu que les vrais chrétiens sont des hommes spirituels qui n’aspirent qu’au Ciel. 

1 Au reste, mes frères, réjouissez-vous au Seigneur. Je ne me lasse point de vous écrire les mêmes choses, et c’est votre sûreté.

2 Donnez-vous garde des chiens ; donnez-vous garde des mauvais ouvriers ; donnez-vous garde de la fausse circoncision.

3 Car c’est nous qui sommes la vraie circoncision, nous qui servons Dieu en esprit, qui nous glorifions en Jésus-Christ, et qui ne mettons point notre confiance en la chair.

4 Ce n’est pas que je ne pusse aussi me confier en la chair. Si quelqu’un croit qu’il a sujet de se confier en la chair, j’en ai encore davantage ;

5 moi qui ai été circoncis le huitième jour, qui suis de la race d’Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu, descendu des Hébreux ; Pharisien en ce qui regarde la loi ;

6 à l’égard du zèle, ayant persécuté l’Église, à l’égard de la justice de la loi, étant sans reproche.

7 Mais ce qui m’était alors un gain, je l’ai regardé comme une perte, à cause de Christ.

8 Et même, je regarde toutes les autres choses comme une perte, en comparaison de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour qui je me suis privé de toutes ces choses, et je ne les regarde que comme des ordures, pourvu que je gagne Christ,

9 et que je sois trouvé en lui, ayant, non la justice qui me venait de la loi, mais celle qui vient de la foi en Christ, savoir, la justice qui vient de Dieu par la foi ;

10 afin que je le connaisse, et l’efficace de sa résurrection, et la communion de ses souffrances, me rendant conforme à lui dans sa mort ;

11 pour parvenir, si je puis, à la résurrection des morts.

12 Non que j’aie déjà atteint le but, ou que je sois déjà parvenu à la perfection, mais je fais mes efforts pour y parvenir, et c’est pour cela aussi que Jésus-Christ m’a pris à lui.

13 Mes frères, pour moi, je ne me persuade pas d’être encore parvenu au but ;

14 mais ce que je fais, c’est qu’oubliant les choses qui sont derrière moi, et m’avançant vers celles qui sont devant moi, je cours vers le but, vers le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ.

15 Nous tous donc qui sommes parfaits, ayons ce même sentiment ; et si vous pensez autrement, Dieu vous fera connaître ce qui en est.

16 Cependant, suivons la même règle dans les choses à la connaissance desquelles nous sommes parvenus, et soyons unis ensemble.

17 Soyez tous mes imitateurs, mes frères, et regardez à ceux qui se conduisent suivant le modèle que vous avez en nous.

18 Car il y en a plusieurs qui ont une telle conduite que je vous ai dit souvent, et que je vous le dis encore maintenant en pleurant, qu’ils sont ennemis de la croix de Christ ;

19 dont la fin sera la perdition ; qui ont leur ventre pour Dieu, qui mettent leur gloire dans ce qui est leur confusion, et qui attachent leurs affections aux choses de la terre.

20 Mais pour nous, nous nous conduisons comme étant bourgeois des cieux, d’où nous attendons aussi le Sauveur, le Seigneur Jésus-Christ,

21 Qui transformera notre corps vil, pour le rendre conforme à son corps glorieux, par le pouvoir qu’il a de s’assujettir toutes choses. 

REFLEXIONS

Il faut considérer en général sur tout ce chapitre que, comme Saint Paul exhortait les Philippiens à prendre garde aux faux docteurs qui voulaient les assujettir aux cérémonies de la loi de Moïse, il est très important que les chrétiens se garantissent de l’erreur et de tout ce qui est contraire à la pureté de la foi.

Outre cela, on peut recueillir d’ici que les vrais chrétiens se reconnaissent à ces quatre caractères. Le premier qu’ils ont pour les choses du monde les mêmes sentiments que Saint Paul avait pour les avantages extérieurs qu’ils possédaient lorsqu’ils étaient Juifs, c’est-à-dire qu’ils ne font aucun cas de ces choses-là au prix de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ leur Seigneur et qu’ils les regardent même comme nuisibles lorsqu’elles les empêchent de suivre leur vocation.

II. Le second caractère des fidèles est, qu’à l’imitation de Saint Paul, ils tendent à la perfection, se proposant toujours de devenir de plus en plus conforme à leur Sauveur, laissant les choses qui sont derrière eux et s’avançant vers celles qui sont devant eux et tendant par des efforts continuels au but et au prix de leur vocation en Jésus-Christ.

III. La troisième marque des fidèles est, qu’étant tous unis par une foi commune et par la croyance des mêmes vérités essentielles au salut, ils vivent dans la paix et que, quand même il y aurait entre eux quelque diversité de sentiments sur des articles de moindre importance, ils ne se divisent point pour ce sujet.

IV Le dernier caractère que Saint Paul donne aux vrais disciples de notre Seigneur c’est, qu’au lieu que les hommes charnels ne sont affectionnés qu’aux choses de la terre et ont leur ventre pour Dieu, les vrais chrétiens vivent d’une manière spirituelle et céleste et se conduisent comme des gens qui ont leur patrie dans le Ciel d’où ils attendent le Seigneur Jésus-Christ qui en doit venir pour les ressusciter et pour les recevoir dans la gloire de son royaume. 

CHAPITRE IV.

Ce chapitre a deux parties : La première contient des exhortations à la persévérance, à l’union, à la joie spirituelle, à la confiance en Dieu et à une vie sainte.  Dans la seconde, St. Paul remercie les Philippiens de la subvention qu’ils lui avaient envoyée pour l’assister dans sa prison et il prie pour eux.

1 C’est pourquoi, mes très chers et bien-aimés frères, qui êtes ma joie et ma couronne, demeurez fermes de cette manière en notre Seigneur, mes bien-aimés.

2 Je prie Evodie, et je prie Syntiche, d’avoir un même sentiment en notre Seigneur.

3 Je te prie aussi, mon fidèle collègue, d’avoir soin d’elles, parce qu’elles ont combattu avec moi pour l’évangile, aussi bien que Clément et mes autres compagnons de travaux, dont les noms sont écrits dans le livre de vie.

4 Réjouissez-vous toujours en notre Seigneur ; je vous le dis encore : Réjouissez-vous.

5 Que votre douceur soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche.

6 Ne vous inquiétez d’aucune chose, mais exposez vos besoins à Dieu en toutes occasions, par des prières et des supplications, avec des actions de grâces.

7 Et la paix de Dieu, laquelle surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos esprits en Jésus-Christ.

8 Au reste, mes frères, que toutes les choses qui sont véritables, toutes les choses qui sont honnêtes, toutes les choses qui sont justes, toutes les choses qui sont pures, toutes les choses qui sont aimables, toutes les choses qui sont de bonne réputation, et où il y a quelque vertu, et qui sont dignes de louange ; que toutes ces choses occupent vos pensées.

9 Vous les avez apprises, reçues et entendues de moi, et vous les avez vues en moi. Faites-les aussi, et le Dieu de paix sera avec vous.

10 Au reste, j’ai eu une grande joie en notre Seigneur, de ce qu’enfin vous avez fait revivre le soin que vous avez de moi, à quoi vous pensiez aussi, mais vous n’en aviez pas l’occasion.

11 Je ne dis pas cela par rapport à mon indigence ; car j’ai appris à être content de l’état où je me trouve.

12 Je sais être dans la pauvreté, je sais aussi être dans l’abondance ; partout et en toutes rencontres, j’ai appris à être rassasié, et à avoir faim ; à être dans l’abondance, et à être dans la disette.

13 Je puis tout par Christ, qui me fortifie.

14 Néanmoins vous avez bien fait de prendre part à mon affliction.

15 Vous savez bien aussi, vous, Philippiens, que lorsque je partis de Macédoine, et que je commençai à vous prêcher l’évangile, il n’y eut aucune Eglise qui me donnât, ou de qui je reçusse quelque chose, que la vôtre ;

16 et même, vous m’envoyâtes plus d’une fois à Thessalonique de quoi fournir à mes besoins.

17 Ce n’est pas que je recherche des présents, mais je cherche à faire abonder le fruit qui vous en doit revenir.

18 J’ai donc tout reçu, et je suis dans l’abondance ; j’ai été comblé de biens, en recevant d’Epaphrodite ce que vous m’avez envoyé, comme un parfum de bonne odeur, et un sacrifice que Dieu accepte, et qui lui est agréable.

19 Et mon Dieu pourvoira aussi à tous vos besoins selon ses richesses, et avec gloire, par Jésus-Christ.

20 Or, à Dieu notre Père soit gloire aux siècles des siècles. Amen.

21 Saluez tous les saints en Jésus-Christ ; les frères qui sont avec moi vous saluent.

22 Tous les saints vous saluent et principalement ceux qui sont de la maison de César.

23 La grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec vous tous. Amen. 

REFLEXIONS

La première partie de ce chapitre nous instruit sur ces cinq devoirs :

Le premier est de persévérer constamment dans la pureté de la foi et dans la piété. Le Deuxième : Les exhortations à la paix que St. Paul adresse à Évodie et à Syntiche, qui étaient deux femmes chrétiennes, lesquelles étaient sans doute dans des sentiments différents sur quelque article de la religion, font voir que les chrétiens doivent vivre en concorde les uns avec les autres, tâcher d’être unis de sentiments dans les choses de la foi et se supporter s’ils ne sont pas à tous égards dans les mêmes pensées. Le troisième devoir est de nous réjouir toujours en Dieu d’une joie spirituelle.

Le quatrième, de n’être point en inquiétude pour les choses de cette vie, mais de recourir à Dieu dans tous nos besoins et de nous reposer sur sa providence.

Le cinquième devoir est d’une très grande étendue, il consiste à nous attacher constamment à toutes les choses qui sont honnêtes, justes, pures, saintes, où il y a de la vertu et qui sont dignes de louanges.

Il faut faire deux réflexions sur la seconde partie de ce chapitre :

I. St Paul nous y enseigne, par son exemple, à être content dans quelque état que nous nous rencontrions, soit que nous nous trouvions dans la pauvreté, soit que nous soyons dans l’abondance.

II. Les remerciements que cet apôtre fait aux Philippiens de l’assistance qu’ils lui avait envoyée à Rome pour le secourir dans sa prison marquent un grand désintéressement et en même temps beaucoup de reconnaissance et les vœux qu’il adresse à Dieu pour eux à cette occasion nous apprennent que c’est une œuvre très agréable à Dieu que d’assister les nécessiteux et en particuliers ses fidèles serviteurs et ceux qui souffrent pour l’Évangile, que ces œuvres de charité réjouissent et consolent les gens de bien et que ce sont des sacrifices de bonne odeur que Dieu accepte et qu’il récompense selon les richesses de sa grâce et avec gloire en Jésus-Christ.

 Écrite à Rome aux Philippiens et portée par Épaphrodite.