PREMIERE EPITRE CATHOLIQUE DE SAINT. JEAN APÔTRE

 

ARGUMENT 

St. Jean a pour but de garantir les chrétiens de la séduction de certains hérétiques, qui niaient que Jésus-Christ fût venu en chair, et qu’il fût le fils de Dieu, et qu’ils vivaient dans la licence. L’Apôtre établit dans cette Epitre, contre ces gens-là, la vérité de l’évangile, et la nécessité de croire en Jésus-Christ, de lui obéir et surtout de vivre dans la charité. 

Chapitres :  Chapitre I.  Chapitre II.  Chapitre III. Chapitre IV.  Chapitre V.   Livres du Nouveau Testament.

CHAPITRE I.

St. Jean voulant montrer que la doctrine que lui et les autres apôtres annonçaient était la seule véritable, dit que, ni lui, ni ses collègues n’avaient rien enseigné touchant le fils de Dieu que ce qu’ils avaient eux-mêmes vu et entendu, ayant vécu avec Jésus-Christ, ce que les faux docteurs ne pouvaient pas dire. Il montre après cela, contre ces mêmes hérétiques, que le but et la substance de la doctrine qu’il annonçait était que, comme Dieu est la lumière et la sainteté même, personne n’a communion avec lui et avec Jésus-Christ son fils, que ceux qui marchent dans la sainteté, qui confessent leurs péchés et qui les abandonnent. 

1 Ce qui était, dès le commencement, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, et que nos mains ont touché, concernant la parole de vie ;

2 car la vie a été manifestée, et nous l’avons vue, et nous en rendons témoignage, et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était avec le Père et qui s’est manifestée à nous ;

3 Ce que nous avons vu, dis-je, et ce que nous avons ouï, c’est ce que nous vous annonçons, afin que vous ayez communion avec nous, et que nous ayons tous communion avec le Père, et avec Jésus-Christ son fils.

4 Et nous vous écrivons ces choses, afin que votre joie soit parfaite.

5 Or, la doctrine que nous avons entendue de lui, et que nous vous annonçons, c’est que Dieu est lumière, et qu’il n’y a point en lui de ténèbres.

6 Si nous disons que nous avons communion avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons et nous n’agissons pas selon la vérité.

7 Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous avons une communion mutuelle, et le sang de son fils Jésus-Christ nous purifie de tout péché.

8 Si nous disons que nous n’avons point de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous.

9 Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité.

10 Si nous disons que nous n’avons point de péché, nous le faisons menteur et sa parole n’est point en nous. 

REFLEXIONS

I. La première instruction que ce chapitre nous donne regarde la vérité de l’Évangile, laquelle paraît par la certitude du témoignage des apôtres qui n’ont annoncé que ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont entendu et ce qu’ils ont touché de leurs mains.

II. Nous voyons ici que le but de la religion chrétienne est de rendre les hommes semblables à Dieu par la sainteté. St. Jean établit dès l’entrée de son épître cette vérité, en disant que ceux qui se vantent d’être dans la communion de Dieu et de Jésus-Christ et qui demeurent dans le péché sont des menteurs et qu’ils n’agissent pas avec sincérité et que nul n’est participant du salut que celui qui joint à la pureté de la foi la sainteté de la vie.

III. Il enseigne que, comme tous les hommes étaient pécheurs et que Dieu avait envoyé son fils pour les sauver, il n’y avait point d’autre moyen d’avoir part aux effets de la miséricorde de Dieu et à l’efficace du sang de Jésus-Christ que de confesser sincèrement ses péchés et d’y renoncer. 

CHAPITRE II

 

L’apôtre confirme dans ce chapitre ce qu’il avait dit dans le précédent que, pour avoir communion avec Dieu, il faut croire en Jésus-Christ et vivre saintement. Dans ce dessein, il montre : I. Que Jésus-Christ a expié les péchés de tout le monde, mais qu’il n’y a cependant que ceux qui gardent ses commandements et qui vivent comme il a vécu qui aient part à cette expiation. II. Que le principal commandement de notre Seigneur est que nous nous aimions les uns les autres et que ceux qui n’aiment pas leur prochain sont dans les ténèbres et dans la mort. III. Il adresse ses exhortations aux chrétiens de tous les âges et il recommande en particulier aux jeunes gens de ne pas aimer le monde parce que l’amour du monde était un obstacle à l’amour de Dieu et de Jésus-Christ. IV. Il avertit les fidèles de ne pas se laisser séduire par de faux docteurs et des antéchrists qui niaient que Jésus fût le Christ et le fils de Dieu et de retenir constamment la pure doctrine et la vérité qui leur avait été enseignée dès le commencement. 

1 Mes petits-enfants, je vous écris ces choses, afin que vous ne péchiez point ; que si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, savoir, Jésus-Christ le juste ;

2 Car c’est lui qui est la propitiation pour nos péchés ; et non-seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux de tout le monde.

3 Et par ceci nous savons que nous l’avons connu, savoir, si nous gardons ses commandements.

4 Celui qui dit : Je l’ai connu, et qui ne garde point ses commandements, est menteur, et la vérité n’est point en lui.

5 Mais si quelqu’un garde sa parole, l’amour de Dieu est véritablement parfait en lui, et c’est par cela que nous savons que nous sommes en lui.

6 Celui qui dit qu’il demeure en lui, doit aussi marcher comme il a marché lui-même.

7 Mes frères, ce que je vous écris n’est pas un commandement nouveau, mais c’est le commandement ancien que vous avez reçu dès le commencement, et ce commandement ancien, c’est la parole que vous avez entendue dès le commencement.

8 Toutefois, je vous écris un commandement nouveau, ce qui est vrai en lui et en vous, parce que les ténèbres sont passées, et que la vraie lumière luit déjà.

9 Celui qui dit qu’il est dans la lumière, et qui hait son frère, est encore dans les ténèbres.

10 Celui qui aime son frère demeure dans la lumière, et il n’y a rien en lui qui le fasse broncher.

11 Mais celui qui hait son frère est dans les ténèbres, et marche dans les ténèbres, et il ne sait où il va, parce que les ténèbres empêchent ses yeux de voir.

12 Mes petits-enfants, je vous écris, parce que vos péchés vous sont pardonnés par son nom.

13 Pères, je vous écris, parce que vous avez connu celui qui est dès le commencement. Jeunes gens, je vous écris, parce que vous avez vaincu le malin.

14 Jeunes enfants, je vous écris, parce que vous avez connu le Père. Pères, je vous ai écrit, parce que vous avez connu celui qui est dès le commencement. Jeunes gens, je vous ai écrit, parce que vous êtes forts, et que la parole de Dieu demeure en vous, et que vous avez vaincu le malin.

15 N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde ; si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est point en lui.

16 Car tout ce qui est dans le monde, savoir, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais vient du monde ;

17 et le monde passe, et sa convoitise ; mais celui qui fait la volonté de Dieu, demeure éternellement.

18 Mes enfants, le dernier temps est venu ; et comme vous avez ouï dire que l’Antéchrist doit venir, aussi y a-t-il déjà plusieurs antéchrists, par où nous connaissons que le dernier temps est venu.

19 Ils sont sortis d’entre nous, mais ils n’étaient pas des nôtres ; car s’ils eussent été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous ; mais cela est arrivé, afin qu’il parût que tous ne sont pas des nôtres.

20 Mais vous avez reçu l’onction de la part du Saint, et vous connaissez toutes choses.

21 Je vous ai écrit, non comme à des gens qui ne connaissent pas la vérité, mais comme à des personnes qui la connaissent et qui savent que nul mensonge ne vient de la vérité.

22 Qui est menteur, si ce n’est celui qui nie que Jésus soit le Christ ? Celui-là est un antéchrist, qui nie le Père et le Fils.

23 Quiconque nie le Fils, n’a point le Père ; mais celui qui confesse le Fils a aussi le Père.

24 Que ce que vous avez entendu dès le commencement, demeure donc en vous. Si ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous, vous demeurerez aussi dans le Fils et dans le Père.

25 Et la promesse qu’il nous a annoncée, c’est la vie éternelle.

26 Je vous ai écrit ces choses au sujet de ceux qui vous séduisent.

27 Mais l’onction que vous avez reçue de lui demeure en vous ; et vous n’avez pas besoin que personne vous instruise ; mais comme cette même onction vous enseigne toutes choses, et qu’elle est véritable et exempte de mensonge, vous demeurerez en lui, selon qu’elle vous a enseigné.

28 Maintenant donc, mes petits-enfants, demeurez en lui, afin que quand il paraîtra, nous ayons de la confiance, et que nous ne soyons pas confus devant lui à son avènement.

29 Si vous savez qu’il est juste, sachez que quiconque fait ce qui est juste, est né de lui. 

REFLEXIONS

St. Jean nous apprend ici :

I. Que notre Seigneur a fait l’expiation des péchés de tous les hommes et qu’il intercède auprès de Dieu pour nous. C’est là une doctrine pleine de consolation pour les pécheurs, mais il faut se souvenir que l’apôtre restreint le fruit de la mort et de l’intercession de Jésus-Christ à ceux qui croient en lui, qui l’aiment et qui gardent ses commandements et il exclut de ce bénéfice, comme des hypocrites et des menteurs, ceux qui ne lui obéissent pas.

II. Nous apprenons ici que le principal devoir des chrétiens est d’imiter leur Sauveur et de vivre comme il a vécu. III. Qu’entre les commandements de Jésus-Christ, celui qui tient le premier rang et auquel tous les autres se rapportent, c’est l’amour du prochain, que ceux en qui cet amour se trouve sont dans la lumière et qu’ils ne sauraient broncher, mais que ceux qui n’aiment pas leurs frères sont dans les ténèbres et dans un état de condamnation.

III. L’Apôtre nous enseigne que la doctrine de l’Évangile engage les chrétiens de tous les âges et de tous les états à s’affermir de plus en plus dans l’amour de Dieu et de Jésus-Christ, que les vieillards ont, dans leur âge avancé, des motifs à s’acquitter de ce devoir et que c’est à quoi les jeunes gens doivent employer la force et la vigueur de la jeunesse. Il exhorte en particulier ceux qui sont jeunes à ne pas aimer le monde, leur représentant que l’amour des plaisirs et de la gloire ne peut en aucune façon subsister avec l’amour de Dieu et que le monde passe et sa convoitise, mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement.

C’est à quoi les jeunes gens doivent faire une attention particulière afin d’éviter les tentations auxquelles leur âge les expose.

IV. Les avertissements que St. Jean donne dans ce chapitre au sujet des faux docteurs, qui ne reconnaissent pas Jésus pour le fils de Dieu et pour le Messie, nous apprennent qu’on ne doit jamais écouter ceux qui enseignent des doctrines contraires à l’Évangile, que la foi en Jésus-Christ est d’une absolue nécessité pour le salut et que l’on n’est pas en danger de tomber dans l’erreur dès qu’on a l’onction du Saint-Esprit et que l’on suit invariablement la doctrine qui a été enseignée dès le commencement par Jésus-Christ et par les apôtres et qui est contenue dans l’Évangile. Mais St. Jean nous avertit en même temps que la foi en Jésus-Christ nous appelle à vivre saintement et justement, en sorte que quand il paraîtra, nous ayons une pleine confiance et que nous ne soyons pas confus de sa présence à sa venue. 

CHAPITRE III.

 

Dans ce chapitre, St. Jean parle en I. premier lieu de l’amour que Dieu nous a témoigné en nous adoptant pour ses enfants et de la gloire qui nous est réservée. II. Il dit, en second lieu, Que l’espérance de cette gloire nous oblige à une vie pure et que le but de la venue de Jésus-Christ a été de retirer les hommes du péché et de les rendre justes et saints. III. Il parle en particulier de l’amour du prochain, il montre combien cette vertu est nécessaire, quelle en est la nature, quels en sont les effets et il dit que le plus sûr moyen d’obtenir la paix de la conscience et d’être rempli d’assurance devant Dieu est de nous aimer sincèrement les uns les autres. 

1 Voyez quel amour le Père nous a témoigné, que nous soyons appelés enfants de Dieu. C’est pour cela que le monde ne nous connaît point, parce qu’il ne l’a point connu.

2 Mes bien-aimés, nous sommes dès à présent enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; mais nous savons que quand il paraîtra, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est.

3 Et quiconque a cette espérance en lui, se purifie soi-même, comme lui aussi est pur.

4 Quiconque pèche transgresse la loi ; car le péché est une transgression de la loi.

5 Or, vous savez que Jésus-Christ a paru pour ôter nos péchés, et qu’il n’y a point de péché en lui.

6 Quiconque demeure en lui, ne pèche point ; quiconque pèche ne l’a point vu, ni ne l’a point connu.

7 Mes petits-enfants, que personne ne vous séduise ; celui qui fait ce qui est juste, est juste comme lui aussi est juste.

8 Celui qui fait le péché, est du diable, car le diable pèche dès le commencement. Or, le Fils de Dieu a paru pour détruire les œuvres du diable.

9 Quiconque est né de Dieu, ne fait point le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui ; et il ne peut pécher, parce qu’il est né de Dieu.

10 C’est à ceci que l’on reconnaît les enfants de Dieu, et les enfants du diable ; quiconque ne fait pas ce qui est juste, et n’aime pas son frère, n’est point de Dieu.

11 Car c’est ici ce que vous avez ouï annoncer dès le commencement : que nous nous aimions les uns les autres.

12 Ne faisons point comme Caïn, qui était du malin, et qui tua son frère. Et pourquoi le tua-t-il ? Parce que ses œuvres étaient mauvaises, et que celles de son frère étaient justes.

13 Mes frères, ne vous étonnez point si le monde vous hait.

14 Quand nous aimons nos frères, nous connaissons par-là que nous sommes passés de la mort à la vie. Celui qui n’aime pas son frère, demeure dans la mort.

15 Quiconque hait son frère est meurtrier ; et vous savez qu’aucun meurtrier n’a la vie éternelle demeurant en lui.

16 Nous avons connu ce que c’est que la charité, en ce que Jésus-Christ a mis sa vie pour nous ; nous devons donc aussi mettre notre vie pour nos frères.

17 Or, celui qui aura des biens de ce monde, et qui, voyant son frère dans le besoin, lui fermera ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeure-t-il en lui ?

18 Mes petits-enfants, n’aimons pas seulement de paroles et de la langue, mais aimons en effet et en vérité.

19 Car c’est à cela que nous connaissons que nous sommes de la vérité, et c’est par là que nous assurerons nos cœurs devant lui.

20 Que si notre cœur nous condamne, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses.

21 Mes bien-aimés, si notre cœur ne nous condamne point, nous avons une grande confiance devant Dieu.

22 Et quoi que nous demandions, nous le recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements, et que nous faisons ce qui lui est agréable.

23 Et voici son commandement : que nous croyions au nom de Jésus-Christ son Fils, et que nous nous aimions les uns les autres, comme il nous l’a commandé.

24 Celui qui garde ses commandements, demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui ; et nous connaissons qu’il demeure en nous par l’esprit qu’il nous a donné.

REFLEXIONS

Ce chapitre, qui est l’un des plus instructifs du Nouveau Testament, nous engage :

I. À célébrer la charité infinie de Dieu notre Père qui a bien voulu nous adopter pour être ses enfants et à bien considérer les avantages de notre adoption et la gloire dont les enfants de Dieu seront couronnés à la venue de notre Seigneur Jésus-Christ.

II. L’Apôtre nous enseigne que ceux qui ont de si glorieuses espérances se purifient eux-mêmes. Il ajoute que le dessein pour lequel Jésus-Christ est venu au monde a été d’abolir le péché, que celui qui est un enfant de Dieu ne pèche point, c’est-à-dire qu’il ne vit pas dans l’habitude du péché et qu’il ne s’y adonne pas, mais que celui qui pèche est un enfant du diable et que c’est là la marque à laquelle on discerne les enfants de Dieu d’avec les enfants du démon. C’est ce que St. Jean déclare de la manière la plus formelle et la plus expresse, avertissant très sérieusement qu’on ne doit point s’abuser là-dessus.

III. Entre les devoirs du christianisme, St. Jean insiste particulièrement sur la charité, disant que l’amour du prochain est le vrai caractère des chrétiens, mais que ceux en qui cet amour ne se trouve point et qui ont de la haine pour leurs frères sont des meurtriers semblables à Caïn et qu’ils demeurent dans la condamnation et dans la mort.

IV St. Jean nous instruit sur la nature et sur les effets de la vraie charité, il nous avertit qu’elle ne doit pas seulement consister en paroles, mais qu’il faut qu’elle soit sincère et cordiale, qu’elle paraisse par les effets et qu’elle nous porte à assister nos frères et même, si cela était nécessaire, à donner notre vie pour eux et pour leur salut, comme Jésus-Christ a donné la sienne pour nous.

Enfin, l’apôtre nous apprend que ce sera en s’acquittant de ces devoirs que chacun de nous pourra reconnaître qu’il est dans la vérité et dans l’amour de Dieu et que c’est aussi là le moyen d’avoir la paix de la conscience et une ferme assurance d’obtenir de lui tout ce qui nous lui demanderons. 

CHAPITRE IV

St. Jean avertit les chrétiens de ne pas croire à toutes sortes de doctrines, mais de les examiner pour savoir si elles viennent de Dieu ou non et il leur donne deux règles pour le reconnaître. L’une, que ceux qui ne confessent pas que Jésus-Christ fût venu en chair et fût le Messie doivent être rejetés comme des gens qui sont animés de l’esprit du monde et de l’erreur et non de l’esprit de vérité. L’autre, que la religion consiste dans la charité, ce que l’apôtre fait voir en représentant la grandeur de l’amour que Dieu nous a témoigné, en nous donnant son Fils, d’où il conclut que ceux qui ne sont pas animés d’un esprit de charité n’aiment pas Dieu et ne lui appartiennent point et que par conséquent ils ne doivent point être écoutés. 

1 Mes bien-aimés, ne croyez pas à tout esprit, mais éprouvez les esprits pour savoir s’ils viennent de Dieu ; car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde.

2 Reconnaissez l’esprit de Dieu à ceci : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair, est de Dieu ;

3 mais tout esprit qui ne confesse pas Jésus-Christ venu en chair, n’est point de Dieu, et c’est là l’esprit de l’Antéchrist dont vous avez ouï dire qu’il viendra, et qui dès à présent est dans le monde.

4 Mes petits-enfants, vous êtes de Dieu, et vous les avez vaincus, parce que celui qui est en vous est plus puissant que celui qui est dans le monde.

5 Ils sont du monde, c’est pourquoi ils parlent comme étant du monde, et le monde les écoute.

6 Nous sommes de Dieu ; celui qui connaît Dieu, nous écoute ; celui qui n’est point de Dieu, ne nous écoute point ; c’est par là que nous connaissons l’esprit de vérité et l’esprit d’erreur.

7 Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres ; car la charité vient de Dieu, et quiconque aime les autres, est né de Dieu et il connaît Dieu.

8 Celui qui ne les aime point, n’a point connu Dieu ; car Dieu est amour.

9 L’amour de Dieu envers nous a paru en ceci, c’est que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous ayons la vie par lui.

10 C’est en ceci que consiste cet amour, que ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu les premiers, mais que c’est lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils pour faire la propitiation de nos péchés.

11 Mes bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres.

12 Personne ne vit jamais Dieu ; si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est accompli en nous.

13 A ceci nous connaissons que nous demeurons en lui et qu’il demeure en nous, c’est qu’il nous a fait part de son Esprit.

14 Et nous l’avons vu, et nous rendons témoignage que le Père a envoyé son Fils pour être le Sauveur du monde.

15 Quiconque confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui demeure en Dieu.

16 Et nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous l’avons cru. Dieu est charité ; et celui qui demeure dans la charité, demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.

17 C’est en cela que la charité est accomplie en nous, afin que nous ayons de la confiance au jour du jugement ; que nous soyons dans ce monde tels qu’il est lui-même.

18 Il n’y a point de crainte dans la charité, mais la parfaite charité bannit la crainte ; car la crainte est accompagnée de peine, et celui qui craint n’est pas parfait dans la charité.

19 Nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier.

20 Si quelqu’un dit : J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, il est menteur ; car celui qui n’aime point son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ?

21 Et nous avons reçu ce commandement de lui : Que celui qui aime Dieu, aime aussi son frère. 

REFLEXIONS

Les chrétiens doivent apprendre d’ici :

I. À ne pas recevoir toutes sortes de doctrines puisqu’il y a toujours eu plusieurs imposteurs dans le monde, mais à examiner les doctrines pour savoir si elles viennent de Dieu ou non. C’est là le droit de tous les fidèles et c’est aussi leur devoir ;

II. Que c’est une vérité fondamentale dans la religion de croire que Jésus est le Christ et le fils de Dieu et qu’il s’est fait homme pour nous sauver. ;

III. Que la charité est l’abrégé et l’essence de la religion et la principale marque du christianisme. C’est ce que St. Jean répète plusieurs fois et ce qu’il fonde sur ce que Dieu n’est qu’amour et sur la grande charité qu’il a fait paraître envers les hommes en envoyant son fils pour leur donner la vie. Tout cela doit nous convaincre que l’amour du prochain est un devoir tout à fait nécessaire et que ceux qui en sont destitués ne connaissent point Dieu comme il faut le connaître et ne lui appartiennent en aucune façon. C’est la déclaration que St. Jean fait à diverses fois et c’est ce que marquent surtout ces paroles :

Celui qui dit qu’il aime Dieu et qu’il hait son frère est menteur.

Cela nous montre aussi que, pour produire en nous cet amour du prochain, il faut méditer sur la nature et sur les perfections de Dieu, qui est la charité même, et sur l’amour qu’il nous a marqué en donnant son fils pour faire la propitiation de nos péchés. Puisque Dieu nous a ainsi aimé le premier, nous devons l’aimer ardemment et nous aimer les uns les autres et ce sera en nous affermissant de plus en plus dans cet amour de Dieu et du prochain que nous porterons l’image de notre père Céleste, que nous jouirons d’une grande paix et que nous pourrons avoir de l’assurance au jour du jugement et à la venue de notre Seigneur Jésus-Christ. 

CHAPITRE V

St. Jean continue à montrer que l’on reconnaît les vrais enfants de Dieu à la pureté de la foi, à la charité et à l’obéissance qu’ils rendent à ses commandements. II. l enseigne que la vérité de l’Évangile a été confirmée du Ciel par le témoignage du Père, du Fils et du Saint-Esprit et sur la terre par l’Esprit, par l’eau et par le sang. D’où il conclut que la doctrine de l’Évangile et les promesses de la vie éternelle qui nous y sont faites en Jésus-Christ doivent être reçues avec une pleine certitude de foi. III. St.  Jean dit que ceux qui avaient cette foi étaient assurés d’obtenir de Dieu tout ce qu’ils lui demanderaient selon sa volonté et même la guérison et la vie de leurs frères, à moins que ceux pour qui l’on prierait n’eussent commis de certains péchés que Dieu voulait punir par la mort temporelle. IV. Il finit cette épître en exhortant les fidèles à se conserver purs, à demeurer fermes dans la foi et à fuir l’idolâtrie et tout ce qui aurait pu les y entraîner. 

1 Quiconque croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu ; et quiconque aime Dieu qui l’a engendré, aime aussi celui qui est né de lui.

2 Nous connaissons à ceci que nous aimons les enfants de Dieu, lorsque nous aimons Dieu, et que nous gardons ses commandements.

3 Car c’est en ceci que consiste l’amour de Dieu, que nous gardions ses commandements ; et ses commandements ne sont pas pénibles.

4 Car tout ce qui est né de Dieu, est victorieux du monde, et la victoire par laquelle le monde est vaincu, c’est notre foi.

5 Qui est celui qui est victorieux du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?

6 C’est ce même Jésus, le Christ, qui est venu avec l’eau et avec le sang ; non-seulement avec l’eau, mais avec l’eau et avec le sang ; et c’est l’Esprit qui en rend témoignage, parce que l’Esprit est la vérité.

7 Car il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel, le Père, la Parole, et le Saint-Esprit, et ces trois-là sont un.

8 Il y en a aussi trois qui rendent témoignage sur la terre ; savoir, l’Esprit, l’eau et le sang ; et ces trois-là se rapportent à un.

9 Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est d’un plus grand poids ; et c’est là le témoignage que Dieu a rendu de son Fils.

10 Celui qui croit au Fils de Dieu, a le témoignage de Dieu en soi-même ; celui qui ne croit point à Dieu, le fait menteur, car il n’a pas cru au témoignage que Dieu a rendu de son Fils.

11 Et voici quel est ce témoignage, c’est que Dieu nous a donné la vie éternelle ; et cette vie est dans son Fils.

12 Qui a le Fils, a la vie ; qui n’a point le Fils de Dieu, n’a point la vie.

13 Je vous ai écrit ces choses, à vous qui croyez au nom du Fils de Dieu, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, et que vous croyiez au nom du Fils de Dieu.

14 Et c’est ici la confiance que nous avons en lui, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous exauce.

15 Et si nous savons qu’il nous exauce, quelque chose que nous lui demandions, nous le savons, parce que nous avons obtenu ce que nous lui avons demandé.

16 Si quelqu’un voit son frère pécher d’un péché qui n’aille point à la mort, qu’il prie, et Dieu donnera la vie à cette personne, savoir, à ceux qui ne commettent pas des péchés qui aillent à la mort. Il y a un péché qui va à la mort ; je ne dis pas de prier pour ce péché-là.

17 Toute iniquité est péché ; mais il y a tel péché qui ne va point à la mort.

18 Nous savons que quiconque est né de Dieu, ne pèche point ; mais celui qui est né de Dieu, se conserve soi-même, et le malin ne le touche point.

19 Nous savons que nous sommes de Dieu, et que tout le monde est plongé dans le mal.

20 Nous savons aussi que le Fils de Dieu est venu, et il nous a donné l’intelligence pour connaître le vrai Dieu ; et nous sommes en ce vrai Dieu par son Fils Jésus-Christ. C’est lui qui est le vrai Dieu et la vie éternelle.

21 Mes petits-enfants, gardez-vous des idoles. Amen. 

REFLEXIONS

Ce chapitre, de même que les précédents, nous apprend :

I. Qu’il n’y a de vrais enfants de Dieu que ceux qui croient en son fils, qui aiment sincèrement leur prochain et qui gardent ses commandements.

II. Que l’observation des commandements de Dieu n’est point une chose difficile, ni pénible et qu’au contraire, par le moyen de l’amour de Dieu et de la foi, on peut aisément vaincre le monde et ses tentations.

III. Que puisque la divinité de l’Évangile a été confirmée d’une manière si authentique dans le Ciel et sur la terre, nous n’aurons aucune excuse si nous ne recevons pas cette doctrine comme céleste et divine et si nous n’en observons pas les devoirs.

IV. Que ceux qui font la volonté de Dieu sont assurés d’être exaucés de lui et que leurs prières ont beaucoup d’efficace, à moins qu’ils ne lui demandassent certaines grâces temporelles qu’il ne trouverait pas à propos de leur accorder. C’est là un avantage très précieux et qui doit nous inciter fortement à l’obéissance et à l’amour de Dieu.

St. Jean nous a appris que ceux qui sont des enfants de Dieu ne pèchent point, c’est-à-dire qu’ils ne pèchent pas comme les méchants et que le péché ne règne point en eux. Il ajoute que le malin n’a pas de pouvoir sur eux et que, sachant qu’ils sont de Dieu et que le reste du monde est engagé sous la puissance du malin et dans la corruption, ils se conservent purs eux-mêmes.

C’est là le devoir et le caractère des chrétiens et de tous les vrais enfants de Dieu et c’est aussi le seul moyen d’avoir une communion salutaire avec Dieu notre Père, par son fils Jésus-Christ, auxquels la gloire doit être rendue éternellement, amen.